Pour mon premier post, j’ai décidé de décrire brièvement l’histoire du tourisme, une manière de disposer de plus de repères sur le sujet. Pour cela, j’ai utilisé un article du magazine Biocontact n°202 écrit par Isabel Babou et intitulé « Des tourismes ? Non un tourisme, un seul. »
Isabel Babou est consultante et formatrice dans le secteur du tourisme et vice présidente de l’Afest (Association française des experts et scientifiques en tourisme), titulaire du diplôme d’expertise judiciaire et co-auteur (avec Philippe Callot) des Dilemmes du tourisme, édition Vuibert.
- Du voyage au tourisme
Le voyage est souvent considéré comme l’ancêtre du tourisme. Le dictionnaire Larousse, 1876 précise que, « du temps des diligences et des coches d’eau, le touriste existait à peine, il n’y avait que des voyageurs », si le tourisme est aujourd’hui un plaisir, le voyage ne l’a pas toujours été.
Ni les grecs, ni les romains ne concevaient les joies du voyage, guerres et pèlerinages justifiaient leurs déplacements. Des émissaires sacrés se chargeaient de convoyer les offrandes des Grecs qui ne voulaient pas se déplacer. Pour les romains, plutôt casanier, le voyage est synonyme d’exil, de déracinement.
Si le voyage existe depuis toujours, quand devient-il du tourisme ?
Quelques repères temporels :
-1741 : Les anglais William Windham et Richard Pococke publient Relation du voyage aux glacières de Chamouni.
-1760 : Les anglais inventent l’hôtel, dès 1895, on voit une nette amélioration du confort : eau courante, électricité dans toutes les chambres, puis salles de bains privatives. Le Ritz à Paris fut le premier à doter ses chambres d’un tel luxe.
-1830 : Invention du chemin de fer.
-1838 : Stendhal publie Mémoires d’un touriste
-1856 : Thomas Cook lance les premiers voyages organisés.
-1936 : Loi sur les congés payés.
-1948 : Le congé payé est inscrit dans la Déclaration universelle des droits de l’homme.
-1950 : Ouverture du premier village Club Med.
Dans les années 60 et grâce au développement du transport aérien, les Nord-américains se rendent aux Caraïbes et à Hawaï, le soleil des tropiques devient un produit de tour-opérateur et de chaines hôtelières. C’est le début du soleil d’hiver avec ses mers chaudes et la commercialisation que l’on sait.
- Les premières définitions
Définition du touriste, dictionnaire Larousse 1876: « personne qui voyage par curiosité ou par désœuvrement. »
Cette idée du plaisir de voyager est moderne. Elle est liée à la révolution industrielle qui institue le travail comme valeur universelle alors qu’auparavant l’oisiveté était la norme. Ce faisant, nait le droit au loisir : étymologiquement « être permis », à loisir signifiant à son aise, sans se presser.
Cette définition vieille de plus de 130 ans semble ne pas avoir pris une ride. En effet, elle contient déjà toute les composantes du tourisme d’aujourd’hui (image négative, méprisante, tourisme de masse). La masse travaille et c’est elle qui a droit à des temps de loisir.
Jules Sandeau, romancier et dramaturge du 19ème siècle, prône sans ambigüités les plaisirs de l’endroit vide de touristes : « Ce petit pays est pauvre mais pittoresque ; ce qui me plait surtout, c’est qu’il est ignoré, et que nul touriste indiscret n’en a jamais trahi le mystère. »
Définition du dictionnaire Larousse, 1889 : « Personne qui voyage à pied pour son plaisir et son instruction ». Un détail intéressant sur le mode de transport du touriste ainsi que sur ses motivations. C’est bien de cela qu’il s’agira dans le tourisme durable-volontaire-alternatif-respectueux …du 21ème siècle.
Pierrick Jacob

