Onze pays africains, réunis pour un premier sommet sur le sujet, ont rappelé le 17 juin 2010 à N’Djamena (Tchad) leur engagement à développer la Grande Muraille Verte qui doit, à terme, enrayer l’avancée du désert. Cette large bande de verdure suivra un tracé de plus de 7 100 km de long et 15 km de large entre Dakar et Djibouti à travers ces Etats (Burkina Faso, Djibouti, Erythrée, Ethiopie, Mali, Mauritanie, Niger, Nigeria, Sénégal, Soudan et Tchad).
L’infertilité du sol est responsable d’une grande crise alimentaire dans la bande sahélienne, la pire depuis trente ans selon plusieurs observateurs. La FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) estime que 2 millions d’hectares de zones boisées disparaissent chaque année en Afrique.
C’est afin de lutter contre ce phénomène et ses conséquences qu’en 2005, le Président du Nigeria a proposé aux autres pays de la Communauté des Etats Sahelo-sahariens (CEN-SAD) de créer une ceinture végétale. Début 2007, la Conférence des Chefs d’Etats et des Gouvernements de l’union africaine adoptait ce projet, sous le nom de Grande Muraille Verte.
Cette ceinture de végétation devra être constituée d’espèces résistantes aux températures élevées et à la sécheresse, mais aussi utiles aux populations et économiquement rentables. Acacia, jujubier, dattier, manguier… Des arbres, donc, mais pas seulement : arbustes et plantes de couverture du sol devraient aussi être installés.
Cette Muraille Verte devra en outre englober les forêts déjà présentes sur le tracé du projet et des espaces seront dédiés à des réserves naturelles, tant pour la faune que pour la flore. Cultures agricoles et vergers complèteront cette diversité.
Pour ce qui est des questions d’entretien des espaces, les zones habitées pourraient être placées sous la responsabilité des villageois, et pour les zones non habitées, elles seront prises en charge soit par les services publics des pays concernés ou par des organismes privés. Des bassins de rétention d’eau sont également prévus (environ 80 bassins par pays) afin de fournir l’eau nécessaire à la végétation durant la saison sèche, en compensation du déficit pluviométrique.
Objectifs et resultats attendus:
- La réduction de l’érosion des sols
- La relance, le développement et la diversification de l’agriculture et de l’élevage
- La restauration, la conservation et la valorisation de la biodiversité végétale et animale
- L’amélioration du niveau de vie et de la santé des populations
- L’inversion du phénomène de l’exode rural
- La maitrise des ressources en eau
Le financement du projet:
La communauté internationale suit le projet de près, et le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) a promis une aide : Une allocation à chacun des pays devant abriter la Grande muraille. Le montant de celle-ci varie selon les pays : de 6,6 millions de dollars (5,3 millions d’euros) à 23 millions de dollars (18,7 millions d’euros). Le montant cumulé d’aide du FEM pour la Grande muraille verte s’élève à environ 119 millions de dollars (environ 97 millions d’euros).
En pratique, 600 millions de dollars seraient nécessaires sur 10 ans à la réalisation de cette Grande Muraille Verte. Aujourd’hui (3 ans après la validation du projet), seulement 10.500 ha ont été plantés au Sénégal, à ajouter aux quelques centaines d’hectares dans les autres états. Cela ne représente que quelques kilomètres…

